Qui sommes-nous ?

Elisabeth, facilitatrice d’apprentissage 

Lyonnaise depuis ma plus tendre enfance, j’ai eu une scolarité classique, sans problème, mais au cours de laquelle je n’ai jamais fait de réels choix, j’ai simplement suivi des rails que d’autres traçaient pour moi. Tout cela m’a mené en faculté de droit, jusqu’à un DESS de droit notarial. Je me suis rendue compte alors que ce milieu ne me correspondait pas, et que mon véritable plaisir était de passer du temps avec les enfants, si authentiques et si justes.

J’ai par conséquent décidé de devenir professeur des écoles. Depuis 2008, j’ai enseigné dans de nombreuses classes, avec des élèves de différents âges.

Ce métier m’a passionnée. Les enfants m’ont appris énormément, et pourtant il me semble qu’il est illusoire de vouloir intéresser 30 individus du même âge, si différents, aux mêmes apprentissages.  Lorsque l’adulte référent impose un thème aux enfants, le plaisir n’existe pas ou très peu pour ces élèves, et par conséquent l’apprentissage en profondeur n’a pas lieu. Je souhaite revoir cette relation apprenant/appris, qui repose sur l’idée selon laquelle l’enfant ne pourrait apprendre qu’à l’école, en étant guidé par son professeur. Je pense que l’essentiel des apprentissages se fait de façon autonome et naturelle, car l’enfant est par nature un être d’apprentissage. 

En 2011 et 2014, je suis devenue maman, à deux reprises, et j’en ai profité pour prendre le temps de regarder grandir mes enfants. En les observant, j’ai réalisé à quel point leur soif d’apprendre est vitale, aussi vitale que le besoin de manger, boire ou dormir. Ils n’ont pas besoin d’un adulte qui prétendrait détenir le savoir et le leur transmettre. En revanche, ils ont besoin, pour grandir, de l’autre. Un autre bienveillant, encourageant, accompagnant, écoutant, et qui leur donne toute sa confiance.

Aujourd’hui à l’Envolée, mon rôle est de créer un environnement qui permette à chacun de se sentir bien, en veillant à la sécurité physique, émotionnelle de chaque membre. J’accompagne les jeunes qui passent quelques mois ou quelques années avec nous, et je travaille au quotidien mon lâcher-prise, ma confiance, tout en me libérant chaque jour un peu plus de mes peurs afin de ne pas les faire peser sur les jeunes. 

« Les adultes doivent être attentifs et suffisamment présents pour mettre à la disposition de l’enfant les ressources qui pourront l’aider, tout en étant vigilant à ne pas chercher à la faire aller là où il n’a pas le projet d’aller » John Holt

 

Victor, volontaire en service civique

Je suis en service civique à l’école de l’Envolée depuis mi-décembre 2018. J’ai passé un diplôme d’ingénieur, qui n’a pas de véritable sens pour moi : je me suis laissé porter par le système scolaire et mes bonnes notes, sans comprendre vers où cela m’emmènerait. J’essaye maintenant de me concentrer sur ce qui me parle, et souhaite donc passer du temps avec les enfants, dans un cadre où les contraintes du système scolaire classique s’évaporent (emploi du temps rigide, quasi-anonymat de l’enfant et non respect de ses besoins). C’est ainsi que j’ai rejoint l’Envolée pour ces quelques mois.

 

Manon, facilitatrice d’apprentissage

 

Passionnée de Sciences Humaines, j’ai étudié la Sociologie et l’Anthropologie, pour ensuite m’orienter vers une formation d’assistante sociale. J’ai accompagné pendant plusieurs années des publics différents : personnes âgées, réfugiées, sans domiciles fixes, populations tsiganes nomades et sédentaires, élèves de collèges et lycées etc.

Lors de mon dernier poste en tant qu’assistante sociale scolaire, j’étais, par exemple, au premier plan avec les équipes éducatives dans la lutte contre le décrochage scolaire, la prévention des violences en milieu scolaire et dans les familles, l’intégration des élèves en situation de handicap etc.

Je me suis questionnée sur le type de réponses apporté à ces différentes problématiques et aux moyens disponibles pour y répondre. J’ai assez vite ressenti le besoin de me diriger vers des projets à plus petite échelle, où l’on met en œuvre une vision de l’éducation différente.

J’ai rejoint, avec beaucoup d’enthousiasme, l’équipe de l’Envolée en septembre 2018. Je fais l’expérience de la « vraie » définition du verbe « éduquer » : guider, accompagner les enfants au quotidien. Je mesure chez ces derniers les bienfaits de l’apprentissage par « instinct » et non pour faire plaisir à l’adulte ou répondre à ses attentes. J’observe les membres de l’école apprendre avec et à travers les autres, dans un contexte où les âges sont mélangés. Je pense que le fait de sortir du système d’évaluation et donc de compétition permet aux membres d’expérimenter, de créer, de jouer en toute liberté. Ils peuvent se consacrer pleinement à ce qui les intéresse.

Enfin, je redécouvre la richesse du lien parent-école dans un contexte de confiance, d’écoute et de communication bienveillantes.

 

 

Marie-Agnès, facilitatrice d’apprentissage

 

Après un DEA en géophysique, j’ai changé de cap. J’ai passé la majeure partie de ma vie en maternelle comme institutrice au service des petits de 3-4 ans. Je garde de ce contact avec les jeunes enfants une profonde joie. Quand la retraite est venue, j’ai opté naturellement pour être bénévole à l’Envolée, pour pouvoir vivre cette expérience d’école démocratique où la liberté de se construire qu’ont les petits pouvait se prolonger beaucoup plus tard.